Ok, moi je parle beaucoup souvent de pensée critique et tout, et je suis quelqu'un qui change quand même assez souvent d'avis. Et il y a trois livres que j'ai lus et qui m'ont fait changer d'avis sur trois sujets.
1. Le Vote
Le premier, c'était sur le vote. Moi je suis quelqu'un qui a toujours été persuadé que voter ça avait très peu d'impact, notamment quand on veut voter pour un candidat un peu outsider. J'ai précisé que ce que je vais dire là, ce n'est pas une opinion politique de ma part, mais plus un exemple. Mettons que je sois un pro-Mélenchon, je ne sais rien moi, mais je me dis qu'en fait, Mélenchon, il ne va jamais passer. Il n'intéresse personne.
J'ai appris dans un bouquin qui s'appelle, je crois, Doing Good Better, de William MacAskill. C'est un peu une histoire de transfert, ou comment est-ce qu'on transfère le concept mathématique d'espérance au vote. En fait, l'espérance, par exemple en poker, on va dire que j'ai 10% de chance statistiquement de remporter la mise de 1000€, donc ça fait 100 pour 1000. Si je dois miser plus de 100€, ce n'est pas rentable. Si je dois miser moins de 100€, c'est rentable.
En fait, là c'est un peu pareil. Si mon candidat a 10% de chance de se faire élire, et que ça va permettre d'utiliser d'une manière que je trouve valuable un budget de 1 milliard d'allocations tous les ans pendant 5 ans, et bien en fait c'est 20% de X que je gagne en votant, même si mon candidat perd. Voilà, c'est un petit peu ce concept-là. Donc en fait, oui, voter c'est vachement important en termes mathématiques. Et si on croit en des valeurs hautes, et si on croit aussi en la logique, en la rationalité et en les mathématiques, il faut aller voter. C'était la première chose.
2. La Bande Passante Mentale
Le deuxième concept sur lequel j'ai changé d'avis récemment, c'est en lisant Scarcity de, je ne me souviens plus du nom de l'auteur, mais en gros, ça expliquait qu'il y avait une bande passante, la bande passante mentale des personnes pouvait être très taxée par des situations difficiles et stressantes.
Et il y a plein d'études, il donne beaucoup d'exemples là-dessus, qui montrent qu'en fait, quand notre bande passante mentale est taxée, on n'est plus capable de réfléchir rationnellement et on prend des décisions de merde. Et il cite beaucoup d'exemples. Il y a un truc qui m'avait notamment choqué, enfin vraiment étonné, c'est, voilà, il y a toujours ce truc où on se dit, si les gens gèrent mal leur argent et s'ils avaient tous plus d'argent, enfin, s'ils géraient mieux leur argent, ils prenaient de meilleures décisions, ils seraient tous riches.
Mais en fait, de notre grand bio, de notre cheval blanc, on ne comprend pas que quand on est dans une situation de stress quotidienne, on ne peut plus bien gérer son argent. Et ils ont pris l'exemple, ils ont pris pas mal d'exemples et tout, notamment avec des populations défavorisées dans des pays pauvres. Et, ben voilà, il y avait plusieurs tests, par exemple, qui ont donné de grosses sommes d'argent, en tout cas pour le pays en question, à des personnes défavorisées. Et elles s'en sortaient bien, quoi. Elles arrivaient à économiser, à investir, à prendre de bonnes décisions.
Par contre, le lendemain, j'en sais rien, moi, cette personne-là, elle avait des frais imprévus, un accident, l'URSSAF, par exemple, ce genre de choses. Et ben, d'un seul coup, elle perdait tous ses bons réflexes parce qu'elle avait tellement la tête dans le guidon qu'elle n'était plus capable de décider correctement et rationnellement. Et ils l'ont montré à travers plein d'expériences, c'est vachement intéressant.
3. L'Égalité des Chances
Le dernier truc, c'était un bouquin de Sheryl Sandberg, qui est CEO, je crois, chez Meta, qui a écrit un bouquin qui s'appelle Lean In, sur un petit peu l'égalité des chances, quoi, hommes-femmes. Et, ben voilà, moi, j'avais un petit peu l'impression qu'on avait déjà accompli l'égalité des chances. Ça m'a fait un peu changer d'avis, quand même.
Elle met en évidence des comportements un peu passifs dans les entreprises qui vont... En fait, par exemple, elle explique que quand une femme va avoir, entre guillemets, les dents longues, elle va vouloir progresser dans sa carrière, elle va être vue comme quelqu'un de très froid, un peu "la cold bitch", qui veut un peu bouffer les autres. Alors que quand un homme progresse, c'est un peu ce qu'on attend de lui.
Donc, en fait, il y a tous ces trucs où il y a des nudges un petit peu dans la société qui font que les femmes sont un peu tirées en arrière dans leur carrière. Alors que, factuellement, oui, une femme peut progresser dans sa carrière. Et attention, je parle de manière générale, je parle pas des boîtes toxiques où il va y avoir des tas de comportements sexistes et tout ça.
Et notamment, un des trucs qui m'avait pas mal choqué, c'était une étude que j'ai lue. En gros, il y a le portrait d'une personne, je crois réelle, je me souviens plus de son nom, qu'il écrit, et dans une des versions de l'article, il change le nom en mettant un nom de femme. Et dans une autre version de l'article, il change le nom en mettant un nom d'homme. Et en fait, après, il demande aux participants, ok, qu'est-ce que tu as pensé de la personne dans l'article ?
Et en fait, quand c'était un homme, les feedbacks, c'était, "Ah ben, c'est un type ambitieux, qui a envie d'y aller et tout, machin." Quand c'était une femme, c'est un mode, "Ah ben, elle a réussi, mais par contre, elle est un peu antipathique."
Voilà, c'est, bon, je vais pas vous pitcher 100% du livre en un blog post, mais ouais, ces trois livres, si vous avez certaines convictions là-dessus, que vous êtes prêts à être challengés, lisez-les, c'est vachement intéressant.